Le projet

Je suis Virginie Despentes. J'ai réalisé un film il y a douze ans, avec Coralie Trinh Thi - et un documentaire il y a cinq ans, sur le féminisme porno punk. Bye Bye Blondie est à l'origine une idée de producteur, Denis Charvet et Marco Paccioni avaient envie d'adapter le film, et de m'en confier la réalisation. Ils ne savaient pas encore que ça deviendrait une histoire lesbienne. Mais très vite, c'est ce qui m'a intéressé dans le projet : en faire une histoire entre filles. Parce que je ne vois pas assez souvent des filles s'embrasser sur un grand écran. Encore moins dans des histoires qui ne tournent pas autour du drame que c'est, ne pas être hétérosexuelle. Le financement du film a été long à mettre au point, au bout d'un moment c'est Red Star cinéma a repris le projet. Moi une fois que j'avais rencontrées Dalle et Béart j'avais envie de voir ce film. J'avais envie d'apprendre à faire un film avec des électros, des projecteurs partout et des comédiennes et comédiens pro. J'avais envie de faire une romance goudou-punk avec ces gens là, pas seulement les acteurs principaux, mais aussi avec Sasha Andres, Stomy Bugsy, Lydia Lunch, Juliette, Fantazio, Mata Gabin et tous les autres… Maintenant, je n'ai qu'une envie : tirer les leçons de cette expérience et recommencer à filmer des gens qui font ce que je leur demande de faire.

La première fois qu'on a fait un film, on a mis des bites dans des trous, le tout filmé en gros plan, je suis toujours ébahie quand je regarde baise moi de comment c'était une bonne idée, et toujours surprise de ce que si peu de gens, depuis, aient envie ou besoin d'intégrer du sexe dans leurs histoires. Mais je suis également très contente de faire un film où toutes les actrices restent habillées.